Gérontologie : information, formation, recherche

Mes réseaux

Derniers visiteurs Viadéo

samedi 09 février 2008

Tout est lié ?

C'est une discussion sur un blog ami qui m'a donné envie de rédiger ce billet.

A en croire les philosophies orientales (Bouddhisme), les Edgar Morinistes, les systémistes, les Guattaristes, et bien d'autres, la réponse est oui, tout est lié.

Les ostéopathes peuvent manipuler la mâchoire pour soigner un mal de dos, une convergence des yeux crée des migraines, des aiguilles bien placées sur les pieds et les chevilles permettent dans 80% des cas de retourner le bébé en siège (je l'ai vécu par deux fois avec mes loustics), le réchauffement climatique nous prive de véritables hivers et par là même nous prive de ce froid qui tue les microbes et régule donc de façon naturelle les maladies, sans parler des battements d'ailes de papillons, exemple que tout le monde connaît.

La personne que je suis, la personne que vous êtes est liée, re-liée, inter-dépendante de nombreux systèmes. Nous sommes liés à nos ancêtres, nos collègues, nos amis, les communautés auxquels nous participons, etc. Nous sommes aussi liés à des personnes que nous ne  connaissons pas, que nous n'avons jamais rencontré. Ainsi, le catholique est lié à Dieu, le philosophe est lié à Socrate, Aristote, Diogène,... le professionnel de la route est dépendant de l'ouvrier qui fabrique la plus petite pièce de son véhicule à l'autre bout du monde, etc. Nous sommes liés à des inconnus, des contemporains, des ancêtres et même des êtres immatériels.

Je citais en débutant ce billet différents auteurs ou concepts introduisant l'idée de lien, de reliance et de complexité. Le Bouddha et Edgar Morin sont séparés par 2600 années d'Histoire et pourtant j'ai pu les réunir, les relier ici, dans un même billet à travers l'idée même du lien. Tout n'est-il pas lié ?

L'homéopathie utilise les plantes pour nous guérir, nous avons besoin d'air, d'eau et d'aliments pour vivre. Nous sommes donc profondément liés à la planète. Notre bien-être, notre santé sont liées à la santé de la Terre et au delà l'atmosphère. Nous faisons partie d'un grand tout.

Les Bouddhistes* conseillent par exemple d'être végétarien ou de ne pas manger de viande malade, mal traitée (élevée en batterie sans fourrage mais avec des farines) car cette viande nous rendra malade. Cela paraît évident et pourtant que mangeons nous ? Cette viande,  du sucre, des légumes aux pesticides, peu ou pas de légumineuses et de céréales, des produits raffinés. Nous savons que cela nous rends malade et que cela tue la planète petit à petit... mais après nous le déluge ! Quand vous êtes malades, vous êtes certainement bougons, vous n'avez pas le coeur à rire et cet état d'esprit affecte votre famille et ainsi de suite. Dans cet exemple sont réunies la spiritualité et la philosophie Bouddhiste, la santé publique, la psychologie et l'écologie environnementale. Ces mêmes notions étant elles-mêmes reliées à d'autres.

Mon billet est nécessairement réducteur. Il faudrait beaucoup de pages pour développer cette idée. Alors à chacun de prendre conscience de ses propres liens à ses proches, aux inconnus, au passé, au futur, au monde, à l'Univers... A chacun de faire son chemin...

* Thich Nhat Hanh, moine bouddhsite zen résidant en France au Village des Pruniers

lundi 21 janvier 2008

Le 39 77 prochainement en service

Un numéro d'appel unique pour l'ensemble du territoire national va être mis en service au début du mois de février. Il permettra de signaler les cas de maltraitance faites aux personnes âgées et handicapées. Jusqu’à présent, 36 départements français n’étaient pas couverts par ce dispositif.


39 77


 

 

La maltraitance des personnes âgées : une prise de conscience tardive

Les premiers articles faisant état de sévices sur des personnes âgées datent du milieu des années 70. Mais, ils étaient encore marginaux. En France, c'est principalement au Professeur HUGONOT, médecin gérontologue que nous devons la prise de conscience de ce grave problème. En effet, en 1987, le Pr HUGONOT rend au Conseil de l'Europe un rapport “Violences et négligences” qui fait état de violences financières, psychologiques, etc.


ALMA : un réseau d'écoutants bénévoles

Moins de 10 ans après ce rapport, les centres d'écoute ALMA (ALlo MAltraitance) voient le jour en 1994  sous l'impulsion du Pr. HUGONOT.


Les constatations auxquelles voulait répondre ALMA étaient les suivantes :

  • la maltraitance des personnes âgées existe, mais elle reste secrète, tabou et invisible,

 

  • elle se développe tant en famille, à domicile qu’en institution,

 

  • les victimes se plaignent rarement elles-mêmes,

 

  • seule une action de proximité permet d’étudier et de résoudre les problèmes posés.


Le réseau ALMA fait appel à des retraités bénévoles, formés à l’écoute et aux différents aspects de la maltraitance des personnes âgées.


A quoi ressemble la maltraitance envers les personnes âgées ?


Voici la classification proposé par le Conseil de l'Europe :


les violences physiques : coups, brûlures, ligotage, soins brusques sans information ou préparation, non-satisfaction des demandes pour des besoins physiologiques, violences sexuelles, meurtre dont euthanasie,...


les violences psychiques ou morales : langage irrespectueux ou dévalorisant, absence de considération, chantages, abus d'autorité, comportements d'infantilisation, non-respect de l'intimité, injonctions paradoxales,...

 

les violences matérielles et financières : vols, exigences de pourboire, escroqueries diverses, locaux inadaptés,...

 

les violences médicales ou médicamenteuses : manque de soins de base, non-information sur les traitements ou les soins, abus de traitement sédatif ou neuroleptique, défaut de soins de rééducation, non-prise en compte de la douleur,...

 

les négligences actives : toutes formes de sévices, abus, abandons, manquements pratiqués avec l'intention de nuire,...

 

les négligences passives : relevant de l'ignorance, de l'inattention de l'entourage,...

 

la privation ou la violation des droits : limitation de la liberté de la personne, privation de l'exercice des droits civiques, d'une pratique religieuse,...


Aucun professionnels de la gérontologie n'a évolué dans ce monde sans être confronté tôt ou tard à des pratiques maltraitantes de la part de collègues, de membres de la famille ou en ayant soi-même parfois été à la limite d'un propos ou d'un geste inadapté. Travaillez en institution gériatrique est éprouvant physiquement et psychologiquement. Pour qui ne l'a pas choisi c'est d'autant plus difficile.


Pour ma part, j'ai d'emblée, dès mon premier poste en gériatrie, assisté à un acte de maltraitance psychique. Toute jeune professionnelle, tout récemment embauchée et en contrat déterminé qui plus est, je n'ai pas osé, je n'ai pas su parler. Et pourtant, il s'agissait d'un manque de respect manifeste de la dignité de la personne. En effet, pendant une animation donc devant un groupe d'aînés réunis dans le salon, une aide soignante a soulevé la jupe d'une personne âgée car elle trouvait qu'une odeur nauséabonde émanée de cette personne. Personne n'a rien dit, ni moi, ni les personnes présentes, ni l'aide soignante qui était en binôme avec l'auteure des faits.


Dans ma carrière à domicile, j'ai aussi côtoyé des personnes maltraitées par leur enfants. Ce fût l'objet de discussions avec ma collègue, assistante sociale, pour choisir de signaler ou de ne pas signaler, d'attendre pour réunir davantage de preuves ou d'agir immédiatement, de faire selon la volonté de la personne âgée ou non. Car, les personnes ne se plaignent pas. Et si nous entrouvrons la porte pour leur dire ce qu'il nous semble constater, elles demandent de ne surtout rien dire. Par peurs...


Attention, toutefois à ne pas diaboliser les familles et les professionnels. En réponse, à cette maltraitance et pour ne pas stigmatiser des familles déjà fragilisées et épuisées par la situation de leur proches âgés, se développe depuis quelques années le concept de bientraitance ou encore d'humanitude dont je parlerais dans un prochain billet tant ces concepts sont essentiels.

lundi 14 janvier 2008

Il suffit d'insister...

Cette note va me permettre de vous présenter Nasr Eddin Hodja et de vous parler de la systémique.

Nasr Eddin Hodja est un héros légendaire turque qui aurait vécu au XIIIème siècle. Il est irrévérencieux et subversif. Les "Sublimes paroles et idioties de Nasr Eddin Hodja" sont réunis dans un ouvrage de Jean Louis Maunoury aux Editions Phébus Libretto.

"Rentrant fort tard de la maison du thé, Nasr Eddin  laisse tomber, devant le seuil de chez lui, l'anneau qu'il porte au doigt.
Aussitôt l'ami qui l'accompagne s'accroupit pour chercher à tâtons. Nasr Eddin, lui, retourne au milieu de la rue, qu'éclaire un splendide clair de lune.
- Que vas-tu faire là-bas, Nasr Eddin ? C'est ici que ta bague est tombée !
- Fais à ta guise, réponds le Hodja. Moi, je préfère chercher où il y a de la lumière."

Page 27

Les thérapeutes systémistes diraient qu'il s'agit de faire "plus de la même chose".

Lorsque nous rencontrons un problème, nous tentons de le résoudre en utilisant une solution qui a déjà pu fonctionner par le passé. Ainsi, il est vrai que chercher à la lumière est en principe plus efficace que de le faire dans l'obscurité.

Et, si cette fois cela ne résout rien, il nous suffira de chercher une autre solution. Oui, mais alors nous risquons fort d'aller vers des solutions différentes en apparence, mais qui, fondamentalement sont "plus que la même chose." On insiste et si ça ne marche pas, on ira plus loin dans le même sens.

Les systémistes aiment jouer du paradoxe. En simplifiant outrageusement, à une personne qui a des troubles du sommeil et qui a déjà essayé toutes les solutions pour dormir, le thérapeute systémiste lui dira de ne pas dormir ! A celui qui bégaie, il dira "bégayez ! Ainsi, un homme bègue qui devait prendre un poste de vendeur mais qui était angoissé à l'idée de bégayer dans son cadre professionnel, les thérapeutes de l'école de Palo Alto lui dirent à quel point tout ces vendeurs aux discours lisses, à l'éloquence parfaite, connaissant leur argumentaire de vente sur le bout des doigts sont d'un ennui terrible et d'un agacement certain. Ils lui firent remarquer, ce que lui même avait déjà vécu, le client écoute par pure politesse mais au fond de lui, il n'apprécie guère cette force de vente.

Ils ont donc recadrer la situation pour amener le jeune homme à l'envisager différemment, sous un autre angle de vue. Ils ajoutèrent qu'au contraire, les gens sont d'une gentillesse et d'une patience inouïe pour écouter une personne souffrant de son handicap. Là aussi, la situation vécue comme problème est recadrée et devient un atout. Il reçut alors l'ordre de bégayer. Et même, si après quelques temps de travail, il ne bégaie plus alors qu'il se force un peu pendant quelques temps encore.

Conclusion, "Ce ne sont pas les choses qui troublent les hommes, mais l'opinion qu'ils en ont." Epictète

vendredi 28 décembre 2007

2ème degré et plus...

A l'approche de la nouvelle année, je vous invite à prendre avec moi une bonne résolution : faisons nous mêmes notre malheur ! En effet, pourquoi s'obstiner à laisser les autres s'en charger ? Il est facile et délectable de le subir mais l'organiser, le gérer, le manager est plus sublime encore.


Pour cela, je vous propose une lecture qui vous permettra de comprendre les mécanismes du malheur et qui vous fournira des conseils pratiques et facilement réalisables. Ce livre est le fruit de l'expérience clinique de Paul Watzlawick * et de recherches scientifiques tout à fait sérieuses. Vous pourrez ainsi apporter votre touche personnelle à votre malheur. A l'heure où l'on « customise » tout : sa voiture, sa coiffure, son album photo, son ordinateur, apporter sa touche personnelle a son malheur est un plus que chacun saura apprécier. Pouvoir faire son malheur à soi, qui sera à nul autre pareil. Ainsi, voici des conseils pertinents prodigués par ce précieux recueil Faites vous même votre malheur de Paul Watzlawick au Seuil.


Premièrement et avant toute autre résolution : décidez d'être loyal avec vous même. Adoptez un adage et tenez bon, mordicus. Ne vous en écartez jamais, faites en votre ligne de conduite absolue afin qu'elle devienne LA vérité. Choisissez « entre le monde tel qu'il est et le monde tel qu'il devrait être » (page 19). Attention, faites le bon choix !


Deuxièmement, entêtez-vous, insistez, tenez !


Troisièmement, persuadez-vous que les chuchotements de votre belle-mère avec votre beau-frère, sont des critiques dirigées contre vous. Faites de même avec vos voisins, vos collègues, les enfants dans la rue, etc. Laissez votre esprit faire son film. Il sera sans doute primé à Cannes dans la catégorie « meilleur scénario de l'année » : faites vous confiance à ce niveau. Ouvrez-vous à vos peurs, vos craintes, vos doutes. Laissez les vous submerger, vous envahir, vous dictez votre conduite. Oui, il y a un complot mondial. Oui, les extraterrestres existent et on nous le cache. Oui, votre belle mère vous critique, je peux vous l'assurer j'en suis moi-même victime !!!


Je ne veux pas déflorer le propos de ce brillant livre. Je ne citerai pas davantage de conseils ici. Appliquez déjà ceux-là précautionneusement. Vous devriez déjà atteindre des sommets dans votre malheur. Puis, quand vous vous sentirez près pour le voyage sublime, pour l'ascension de l'Everest ou de l'Himalaya de votre malheur alors courrez chez votre libraire et procurez vous ce livre. Oui, votre libraire se moquera de vous ! Grand bien vous fasse !


Sur ce, je vous souhaite une délicieuse année de malheur...


* Qui est Paul Watzlawick ?


Autrichien, né en 1921, il est docteur en philosophie et exercera la psychanalyse. Il l'un des psychothérapeutes systémistes les plus connus du MRI de l'Ecole de Palo Alto. Il est décédé cette année, le 31 mars.


Il est l'auteur de plusieurs livres scientifiques (La Réalité de la réalité, Le langage du changement, etc.) et de livres humoristiques (Comment réussir à échouer, Guide non conformiste à l'usage de l'Amérique et bien sûr Faites vous mêmes votre malheur). Ce dernier est une parodie des best-seller censés nous donner les clés du bonheur, de la réussite, de l'efficacité, de la performance, de la communication, d'une vie de couple éblouissante, d'une sexualité épanouie  (c'est à dire avec un bon rendement), etc. Bref, pour que nous soyons des êtres parfaits et heureux... à tout prix ! Telle est l'injonction de notre temps : Soyez heureux et performants !

vendredi 21 décembre 2007

Hang

Hang
Vidéo envoyée par cushin

Pour le plaisir et la détente.

Heureux Noël à tous.

lundi 17 décembre 2007

Bonne nouvelle... la création d'un DE animation sociale se précise !

Bernard Hervy : l'évolution des métiers de l'animation
Vidéo envoyée par agevillage

Une interview de Bernard Hervy * concernant la professionalisation des métiers de l'animation sociale.

Enfin un diplôme de niveau II (c'est à dire un Diplôme d'Etat (DE) comme pour l'ensemble des travailleurs sociaux) point à l'horizon !

* Bernard HERVY est animateur-coordonnateur dans deux établissements de Paris et fondateur du Groupement des Animateurs en Gérontologie. Il œuvre depuis plusieurs années pour la professionnalisation des animateurs. Il est l'auteur du Rapport sur la vie sociale des personnes âgées en 2003 sur demande d'Hubert Falco alors Ministre des Affaires Sociales.

vendredi 07 décembre 2007

La relation d'aide (deuxième partie)

Suivons pas à pas la démarche d'une relation d'aide type. J'entends par là, généralisable à l'ensemble des professionnels de la relation d'aide (psychothérapeutes, travailleurs sociaux, coachs...) donc , incomplète, imprécise chaque profession ayant ses spécificités, bien entendu. Je me contenterais ici d'un survol des différentes étapes de la relation et des outils pouvant ou étant effectivement utilisés par les uns et les autres. Je reviendrai sur les étapes et sur les différents outils au fil de l'eau sur ce blog.


Tout d'abord, il y a la définition du problème qui amène la personne à rechercher de l'aide. Ici interviennent les qualités personnelles et professionnelles sus décrites ; empathie, écoute , authenticité, respect inconditionnelle pour créer un lien de confiance. Des outils peuvent déjà être utilisés à ce stade. En effet, comment mener ce premier entretien ?


Écouter, observer la personne et questionner le contexte et le problème :

« De quoi s'agit-il ? » Ici, l'aidant va alors écouter le récit du problème et s'attacher à entrer dans le monde du client (Comment pense-t-il ? Comment s'expriment-il ? Comment se meut-il ?). Il va observer les aspects non-verbaux de la communication (mimiques, regard, posture etc.). L'aidant va aussi observer la position adoptée par le client dans la relation.


Puis, faire émerger la demande :

« Que puis-je pour vous ? », « En quoi puis-je vous aider ? » Ici, le professionnel cherche à faire émerger une demande sur laquelle travailler. Un contrat peut alors être élaboré.


Le contrat :

Le contrat structure l'intervention, il la clarifie, la limite, il responsabilise le client. Ce contrat est réactualisé régulièrement au fil des rencontres et de l'émergence de nouvelles demandes de la part du client.


Bilan, évaluation de fin de parcours :

On ne peut en faire l'économie. Il s'agit de faire le point sur le travail réalisé ensemble, d'évaluer qualitativement.


Les outils :

Les outils sont nombreux, ils sont souvent réflexifs. Ils sont pour la plupart issus du champ psychothérapeutique. On peut citer pêle-mêle et de façon non-exhaustive, la méthode questionnement sur le Réel, le Problème, les Besoins, la Demande (RPBD) de Vincent Lenhardt, le très connu QQOQCPC, le dessin (symbolique, imaginaire, inconscient), l'analyse transactionnelle (AT), l'approche centrée sur la personne (ACP ou écoute rogérienne), la communication ericksonnienne (la question du miracle), la PNL, la systémique, l'orientation solution, etc.


En aparté :
Il me semble -peut-être à tort- pour faire partie de la famille du travail social et donc pour côtoyer ses différents corps de métier, que les travailleurs sociaux disposent de peu de connaissances théoriques, de méthodes et d'outils pour analyser le contexte, décoder la communication non-verbale, comprendre le monde du client, analyser la demande. Ils sont peu nombreux à contractualiser leur intervention lors d'un premier rendez-vous. Il en résulte des situations dans lesquelles les deux parties sont engluées (triangle dramatique de Karpmann, transfert...), des situations ou les problématiques personnelles du travailleur social interfèrent dans la relation...


Transposons cette démarche à l'animation sociale.

 

L'animateur social construit son action sur la base d'entretiens qui permettent de faire émerger des souhaits, des désirs explicites.


Parfois, les désirs ne sont pas formulés explicitement, l'animateur social peut alors -se risquer- à faire des propositions à la personne. Les propositions peuvent être refusées. La personne est libre de ses choix et l'animateur ne s'offusquera pas d'un refus. Il pourra en rechercher les causes : le projet ne correspond pas aux attentes de la personne, la personne a des craintes, elle n'est pas prête pour ce type de projet, elle n'est pas demandeuse de cette intervention car c'est peut-être sa famille qui lui a imposé la présence de l'animateur, etc. Se poser ces questions peut permettre d'ajuster son intervention pour la suite ou de mettre un terme aux interventions.


L'animateur social fonctionne par projet qu'il soumet à la personne. C'est une forme de contrat. Le projet cadre les interventions (durée, temps des visites, objectifs). Il définit qui, fait quoi, comment, où,  quand et pour combien (de temps, d'argent, de visites) c'est le fameux QQOQCPC vu précédemment.


Idéalement, l'animateur aimerait relancer une dynamique qui permettrait à la personne de mettre tôt ou tard un terme aux visites et de poursuivre seule son chemin (autonomie). Dans la pratique, avec les gérontins te les gérontines, ceci est difficilement envisageable car ils ont besoin de la présence d'un tiers pour conduire le véhicule, tenir le bras dans la rue, etc. L'animation sociale à domicile s'inscrit donc -a priori mais pas obligatoirement - dans la durée.


Après la réalisation de chaque projet, l'animateur évalue son action avec la personne. Est-elle satisfaite par le projet lui-même ? Est-elle satisfaite par l'accompagnement proposé par l'animateur ? A-t-elle d'autres envies ? Souhaite-t-elle continuer à travailler avec l'animateur ? Etc.


Reste aux animateurs sociaux à s'informer et se former aux outils susceptibles de les aider efficacement dans leur relation avec le client : savoir lire l'histoire familiale, connaître les notions de transfert et contre-transfert, apprendre à écouter, à questionner, etc. autant de compétences à développer.


Ce billet s'arrête là. Je vous invite à poursuivre la réflexion et à compléter « cette suite et à suivre... » de ce billet consacré à la relation d'aide. A suivre... car vos commentaires le complèteront utilement et parce que d'autres billets suivront sur ce thème.


PS : je rencontre sur ce billet un problème technique que je ne parviens pas à résoudre concernant la taille de la police de caractère. Vous avez sans doute remarqué qu'il y a des différences selon les paragraphes. Ceci n'est pas voulu. Merci de votre compréhension.

mardi 04 décembre 2007

The Piano

The Piano
Vidéo envoyée par tamalougbobola

A mon vieux pépé...

lundi 03 décembre 2007

Vivolta, la télé des seniors !

Philippe Gildas, journaliste et senior lancera le 10 décembre Vivolta, une télé faite pour les seniors et par les seniors sur CanalSat et Numericable.

Oui, par les seniors : Jérôme Bonaldi, Jacques Pradel, Marie Ange Nardi. Oui, ils sont pas si vieux que ça, je vous l'accorde ! Mais pour cette chaîne de télé la cible senior va de 45 ans à 65 ans !!!

On est vieux de plus en plus jeune (45 ans) ! Trop ou très vieux de plus en plus tôt (65 ans) !

Pourquoi une "chaîne senior" ? A 45 ans n'est on plus apte à comprendre l'humour de Nikos Alliagas, d'aimer la chanson populaire de la Star Ac', ne peut-on plus apprécier la beauté de Mme de Fontenay à moins que ce ne soit celle de ses Miss, a-t-on déjà passé l'âge de se lover dans son canapé pour regarder le télé shopping, ne peut-on plus se ravir du charme de Julien Courbet ????? (Un parti pris dans le choix des exemples ? Oui, peut-être un peu... Si peu !) Hmmm... Peut-être bien que finalement, les seniors y gagnent !

Plus sérieusement, je trouve vraiment dommage cette ségrégation. Une chaîne pour les homos, une pour les vieux, pardon les seniors, celles pour les enfants. Je n'apprécie guère ce rangement par tiroir. Je préfère le mélange des âges, des sexes, des cultures, des nationalités.

En Italie, on parle d'"arc existentiel" c'est à dire considérer la vie comme un continuum. Les auteurs du livre "L'intergénération, une culture pour rompre avec les inégalités sociales" à savoir Vercauteren, Predazzi et Loriaux pensent que les politiques sociales doivent tenir compte de cette continuité de l'existence et non proposer des politiques découpées par tranche d'âge. L'être humain est en devenir, en changement permanent, en évolution. Chaque étape de notre vie est fondatrice de notre existence. Sans hier et sans demain, que serions-nous en tant qu'être humain ? Ainsi, chaque action doit s'inscrire dans un avant et un après temporel et chaque action doit promouvoir la croissance personnelle.

Je ne remet pas en cause la grille des programmes mais l'idée même de faire une chaîne spécifique à une catégorie de la population, vous l'aurez compris. N'ayant pas la télé, je compte sur vous pour me donner votre sentiment et votre avis sur cette nouvelle chaîne.

 

Deux sites à visiter :

Accordages, le site de l'intergénération : http://www.accordages-intergeneration.com/_v4/sommaire.php3?id_rubrique=23

Rue89 d'où me vient l'info sur la chaîne Vivolta avec le point de vue du sociologue Serge Guérin : http://www.rue89.com/2007/12/02/vivolta-chaine-des-seniors-y-a-plus-dage-pour-etre-vieux

jeudi 29 novembre 2007

De l'en-Vie à la mort

Comme je le disais hier, le décès de Fred Chichin m'a profondément touché car leur dernière chanson "Ding Dang Dong" nous a fait danser en famille, dans notre salon. Elle a marqué comme une nouvelle déclaration d'amour entre mon époux et moi.

Mais, il y a autre chose aussi... J'ai repensé aux étapes du deuil proposée par Elisabeth Kubler-Ross. J'ai repensé à la journée consacrée à la mort pendant ma formation en gérontologie, à l'alternance entre  les cours magistraux et les débats sur la mort et l'euthanasie, les soins palliatifs, les rites, la place de la mort dans notre société, etc.

Je me suis souvenue de la journée "de  stage" ou de "découverte" passée aux soins palliatifs. Des rencontres avec des professionnels d'une humanité incroyable. (Je ne peux pas citer ici les exemples d'accompagnement qui nous étaient relatés car pour être humain, il faut parfois faire fi des règlements et des normes !). J'ai découvert un service pensé pour les patients et pour les familles avec une cuisine à leur disposition. Une pièce œcuménique pour que quelque soit sa confession, la personne puisse venir se recueillir.

Nous étions plusieurs étudiants. Tous, avec nos connaissances (certaines infirmières connaissaient le monde des soins palliatifs), ou avec nos fantasmes, nos peurs. Nous imaginions un lieu sombre, triste, vivant dans l'urgence et l'agitation des équipes courants d'une chambre à l'autre, les malades criant leur souffrance. Que n'imagine-t-on pas lorsqu'on ne connaît pas ?!

Nous avons vu des chambres chaleureuses, colorées, avec des fleurs. Des équipes sereines, marchant calmement, répondant aux personnes avec attention, douceur et compréhension.

Je me suis demandée comment l'on pouvait traverser les étapes du deuil en aussi peu de temps (2 mois, d'autres partent plus vite encore) ? Quelle énergie psychique incroyable faut-il développée pour accepter sa fin inéluctable et proche ? Se sont aussi souvent les malades eux-mêmes qui soutiennent leurs proches et les aident à faire leur travail de deuil. Fred Chichin l'a montré en demandant à Catherine Ringer de faire l'Olympia le 13 novembre seule, sans lui à ses côtés.

Inévitablement, on se projette lorsque l'on reçoit une telle nouvelle. Sa jeunesse, sa mort rapide, sa compagne veuve désormais, ses filles orphelines de père. Que ferait-on en pareil circonstance ? Si nous étions atteint d'un cancer foudroyant ou si notre conjoint l'était ? Serions nous abattu, courageux, battant, vaincu ? Que dirions-nous à nos proches avant de partir ? Quelles émotions et sentiments nous animeraient ?  Ces questions nous nous les posons tous. On donne des réponses qui ne sont finalement que des suppositions car l'heure venue, nous ne verrons peut-être plus les choses de la même manière. C'est pourquoi, d'ailleurs, il me semble si difficile d'envisager de légiférer sur l'euthanasie ou d'avoir un avis tranchée : pour ou contre !

Ceux qui nous fait tend tenir à la vie n'est ce pas l'attachement à nos proches plus qu'à notre propre vie ? Ainsi, aujourd'hui, sain de corps et d'esprit, nous pouvons dire : "Je ne veux pas souffrir, voir ma déchéance, si je deviens un légume, je veux que l'on m'aide à mourir". Mais, demain, malade, souffrant, agonisant,  si nous sommes accompagnés avec dignité et humanité, si les équipes soignantes nous rejoignent là où nous en sommes du chemin, de notre chemin, pour nous écouter et nous comprendre alors peut-être nous voudrons tenir encore un peu... pour notre famille, pour les voir encore, pour voir les vignes une dernière fois *, pour aller acheter des crayons de couleurs pour nos enfants *, pour...

* deux exemples vécus et accompagnés par les soins palliatifs dont j'ai parlé ci dessus.

Les notes récentes

Les commentaires récents

Blog powered by TypePad