Suivons
pas à pas la
démarche d'une relation d'aide type.
J'entends par là, généralisable à
l'ensemble des professionnels de la relation d'aide
(psychothérapeutes, travailleurs sociaux, coachs...) donc ,
incomplète, imprécise chaque profession ayant ses
spécificités, bien entendu. Je me contenterais ici d'un
survol des différentes étapes de la relation et des
outils pouvant
ou étant effectivement utilisés par les uns et les
autres. Je
reviendrai sur les étapes et sur les différents outils
au fil de l'eau sur ce blog.
Tout
d'abord, il y a la définition
du problème qui amène la
personne à rechercher de l'aide. Ici interviennent les
qualités personnelles et professionnelles sus décrites
; empathie, écoute , authenticité, respect
inconditionnelle pour créer un lien de confiance. Des outils
peuvent déjà être utilisés à ce
stade. En effet, comment mener ce premier entretien ?
Écouter,
observer la personne et questionner le contexte et le problème
:
« De
quoi s'agit-il ? » Ici, l'aidant va alors écouter
le récit du problème et s'attacher à entrer dans
le monde du client (Comment pense-t-il ? Comment s'expriment-il ?
Comment se meut-il ?). Il va observer les aspects non-verbaux de la
communication (mimiques, regard, posture etc.). L'aidant va aussi
observer la position adoptée par le client dans la relation.
Puis,
faire émerger la demande :
« Que
puis-je pour vous ? », « En quoi puis-je vous
aider ? » Ici, le professionnel cherche à faire
émerger une demande sur laquelle travailler. Un contrat peut
alors être élaboré.
Le
contrat :
Le
contrat structure l'intervention, il la clarifie, la limite, il
responsabilise le client. Ce contrat est réactualisé
régulièrement au fil des rencontres et de l'émergence
de nouvelles demandes de la part du client.
Bilan,
évaluation de fin de parcours :
On
ne peut en faire l'économie. Il s'agit de faire le point sur
le travail réalisé ensemble, d'évaluer
qualitativement.
Les
outils :
Les
outils sont nombreux, ils sont souvent réflexifs. Ils sont
pour la plupart issus du champ psychothérapeutique. On peut
citer pêle-mêle et de façon non-exhaustive, la
méthode questionnement sur le Réel, le Problème,
les Besoins, la Demande (RPBD) de Vincent Lenhardt, le très
connu QQOQCPC, le dessin (symbolique, imaginaire, inconscient),
l'analyse transactionnelle (AT), l'approche centrée sur la
personne (ACP ou écoute rogérienne), la communication
ericksonnienne (la question du miracle), la PNL, la systémique,
l'orientation solution, etc.
En aparté
:
Il me semble
-peut-être à tort- pour faire partie de la
famille du travail social et donc pour côtoyer ses différents
corps de métier, que les travailleurs sociaux disposent de peu
de connaissances théoriques, de méthodes et d'outils
pour analyser le contexte, décoder la communication
non-verbale, comprendre le monde du client, analyser la demande. Ils
sont peu nombreux à contractualiser leur intervention lors
d'un premier rendez-vous. Il en résulte des situations dans
lesquelles les deux parties sont engluées (triangle dramatique
de Karpmann, transfert...), des situations ou les problématiques
personnelles du travailleur social interfèrent dans la
relation...
Transposons
cette démarche à l'animation sociale.
L'animateur
social construit son action sur la base d'entretiens qui permettent
de faire émerger des souhaits, des désirs explicites.
Parfois,
les désirs ne sont pas formulés explicitement,
l'animateur social peut alors -se risquer- à faire des
propositions à la personne. Les propositions peuvent être
refusées. La personne est libre de
ses choix et l'animateur ne s'offusquera pas d'un refus. Il pourra en
rechercher les causes : le projet ne correspond pas aux attentes de
la personne, la personne a des craintes, elle n'est pas prête
pour ce type de projet, elle n'est pas demandeuse de cette
intervention car c'est peut-être sa famille qui lui a imposé
la présence de l'animateur, etc. Se poser ces questions peut
permettre d'ajuster son intervention pour la suite ou de mettre un
terme aux interventions.
L'animateur
social fonctionne par projet qu'il soumet à la personne. C'est
une forme de contrat. Le projet cadre les interventions (durée,
temps des visites, objectifs). Il définit qui, fait quoi,
comment, où, quand et pour combien (de temps, d'argent, de
visites) c'est le fameux QQOQCPC vu précédemment.
Idéalement,
l'animateur aimerait relancer une dynamique qui permettrait à
la personne de mettre tôt ou tard un terme aux visites et de
poursuivre seule son chemin (autonomie). Dans la pratique, avec les
gérontins te les gérontines, ceci est difficilement
envisageable car ils ont besoin de la présence d'un tiers pour
conduire le véhicule, tenir le bras dans la rue, etc.
L'animation sociale à domicile s'inscrit donc -a priori
mais pas obligatoirement - dans la durée.
Après
la réalisation de chaque projet, l'animateur évalue son
action avec la personne. Est-elle satisfaite par le projet lui-même
? Est-elle
satisfaite par l'accompagnement proposé
par l'animateur ? A-t-elle d'autres envies ? Souhaite-t-elle
continuer à travailler avec l'animateur ? Etc.
Reste
aux animateurs sociaux à s'informer et se former aux outils
susceptibles de les aider efficacement dans leur relation avec le
client : savoir lire l'histoire familiale, connaître les
notions de transfert et contre-transfert, apprendre à écouter,
à questionner, etc. autant de compétences à
développer.
Ce
billet s'arrête là. Je vous invite à poursuivre
la réflexion et à compléter « cette
suite et à suivre... » de
ce billet consacré à la relation d'aide. A
suivre... car vos commentaires le complèteront utilement et
parce que d'autres billets suivront sur ce thème.
PS : je rencontre sur ce billet un problème technique que je ne parviens pas à résoudre concernant la taille de la police de caractère. Vous avez sans doute remarqué qu'il y a des différences selon les paragraphes. Ceci n'est pas voulu. Merci de votre compréhension.
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