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samedi 09 février 2008

Tout est lié ?

C'est une discussion sur un blog ami qui m'a donné envie de rédiger ce billet.

A en croire les philosophies orientales (Bouddhisme), les Edgar Morinistes, les systémistes, les Guattaristes, et bien d'autres, la réponse est oui, tout est lié.

Les ostéopathes peuvent manipuler la mâchoire pour soigner un mal de dos, une convergence des yeux crée des migraines, des aiguilles bien placées sur les pieds et les chevilles permettent dans 80% des cas de retourner le bébé en siège (je l'ai vécu par deux fois avec mes loustics), le réchauffement climatique nous prive de véritables hivers et par là même nous prive de ce froid qui tue les microbes et régule donc de façon naturelle les maladies, sans parler des battements d'ailes de papillons, exemple que tout le monde connaît.

La personne que je suis, la personne que vous êtes est liée, re-liée, inter-dépendante de nombreux systèmes. Nous sommes liés à nos ancêtres, nos collègues, nos amis, les communautés auxquels nous participons, etc. Nous sommes aussi liés à des personnes que nous ne  connaissons pas, que nous n'avons jamais rencontré. Ainsi, le catholique est lié à Dieu, le philosophe est lié à Socrate, Aristote, Diogène,... le professionnel de la route est dépendant de l'ouvrier qui fabrique la plus petite pièce de son véhicule à l'autre bout du monde, etc. Nous sommes liés à des inconnus, des contemporains, des ancêtres et même des êtres immatériels.

Je citais en débutant ce billet différents auteurs ou concepts introduisant l'idée de lien, de reliance et de complexité. Le Bouddha et Edgar Morin sont séparés par 2600 années d'Histoire et pourtant j'ai pu les réunir, les relier ici, dans un même billet à travers l'idée même du lien. Tout n'est-il pas lié ?

L'homéopathie utilise les plantes pour nous guérir, nous avons besoin d'air, d'eau et d'aliments pour vivre. Nous sommes donc profondément liés à la planète. Notre bien-être, notre santé sont liées à la santé de la Terre et au delà l'atmosphère. Nous faisons partie d'un grand tout.

Les Bouddhistes* conseillent par exemple d'être végétarien ou de ne pas manger de viande malade, mal traitée (élevée en batterie sans fourrage mais avec des farines) car cette viande nous rendra malade. Cela paraît évident et pourtant que mangeons nous ? Cette viande,  du sucre, des légumes aux pesticides, peu ou pas de légumineuses et de céréales, des produits raffinés. Nous savons que cela nous rends malade et que cela tue la planète petit à petit... mais après nous le déluge ! Quand vous êtes malades, vous êtes certainement bougons, vous n'avez pas le coeur à rire et cet état d'esprit affecte votre famille et ainsi de suite. Dans cet exemple sont réunies la spiritualité et la philosophie Bouddhiste, la santé publique, la psychologie et l'écologie environnementale. Ces mêmes notions étant elles-mêmes reliées à d'autres.

Mon billet est nécessairement réducteur. Il faudrait beaucoup de pages pour développer cette idée. Alors à chacun de prendre conscience de ses propres liens à ses proches, aux inconnus, au passé, au futur, au monde, à l'Univers... A chacun de faire son chemin...

* Thich Nhat Hanh, moine bouddhsite zen résidant en France au Village des Pruniers

jeudi 29 novembre 2007

De l'en-Vie à la mort

Comme je le disais hier, le décès de Fred Chichin m'a profondément touché car leur dernière chanson "Ding Dang Dong" nous a fait danser en famille, dans notre salon. Elle a marqué comme une nouvelle déclaration d'amour entre mon époux et moi.

Mais, il y a autre chose aussi... J'ai repensé aux étapes du deuil proposée par Elisabeth Kubler-Ross. J'ai repensé à la journée consacrée à la mort pendant ma formation en gérontologie, à l'alternance entre  les cours magistraux et les débats sur la mort et l'euthanasie, les soins palliatifs, les rites, la place de la mort dans notre société, etc.

Je me suis souvenue de la journée "de  stage" ou de "découverte" passée aux soins palliatifs. Des rencontres avec des professionnels d'une humanité incroyable. (Je ne peux pas citer ici les exemples d'accompagnement qui nous étaient relatés car pour être humain, il faut parfois faire fi des règlements et des normes !). J'ai découvert un service pensé pour les patients et pour les familles avec une cuisine à leur disposition. Une pièce œcuménique pour que quelque soit sa confession, la personne puisse venir se recueillir.

Nous étions plusieurs étudiants. Tous, avec nos connaissances (certaines infirmières connaissaient le monde des soins palliatifs), ou avec nos fantasmes, nos peurs. Nous imaginions un lieu sombre, triste, vivant dans l'urgence et l'agitation des équipes courants d'une chambre à l'autre, les malades criant leur souffrance. Que n'imagine-t-on pas lorsqu'on ne connaît pas ?!

Nous avons vu des chambres chaleureuses, colorées, avec des fleurs. Des équipes sereines, marchant calmement, répondant aux personnes avec attention, douceur et compréhension.

Je me suis demandée comment l'on pouvait traverser les étapes du deuil en aussi peu de temps (2 mois, d'autres partent plus vite encore) ? Quelle énergie psychique incroyable faut-il développée pour accepter sa fin inéluctable et proche ? Se sont aussi souvent les malades eux-mêmes qui soutiennent leurs proches et les aident à faire leur travail de deuil. Fred Chichin l'a montré en demandant à Catherine Ringer de faire l'Olympia le 13 novembre seule, sans lui à ses côtés.

Inévitablement, on se projette lorsque l'on reçoit une telle nouvelle. Sa jeunesse, sa mort rapide, sa compagne veuve désormais, ses filles orphelines de père. Que ferait-on en pareil circonstance ? Si nous étions atteint d'un cancer foudroyant ou si notre conjoint l'était ? Serions nous abattu, courageux, battant, vaincu ? Que dirions-nous à nos proches avant de partir ? Quelles émotions et sentiments nous animeraient ?  Ces questions nous nous les posons tous. On donne des réponses qui ne sont finalement que des suppositions car l'heure venue, nous ne verrons peut-être plus les choses de la même manière. C'est pourquoi, d'ailleurs, il me semble si difficile d'envisager de légiférer sur l'euthanasie ou d'avoir un avis tranchée : pour ou contre !

Ceux qui nous fait tend tenir à la vie n'est ce pas l'attachement à nos proches plus qu'à notre propre vie ? Ainsi, aujourd'hui, sain de corps et d'esprit, nous pouvons dire : "Je ne veux pas souffrir, voir ma déchéance, si je deviens un légume, je veux que l'on m'aide à mourir". Mais, demain, malade, souffrant, agonisant,  si nous sommes accompagnés avec dignité et humanité, si les équipes soignantes nous rejoignent là où nous en sommes du chemin, de notre chemin, pour nous écouter et nous comprendre alors peut-être nous voudrons tenir encore un peu... pour notre famille, pour les voir encore, pour voir les vignes une dernière fois *, pour aller acheter des crayons de couleurs pour nos enfants *, pour...

* deux exemples vécus et accompagnés par les soins palliatifs dont j'ai parlé ci dessus.

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