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dimanche 04 mai 2008

Plaquette

Après des heures et des mois de travail et des dizaines d'essais plus tard, voici la plaquette du cabinet enfin prête.

La voici en avant-première !

Merci à mon bien-aimé pour ses conseils avisés !

Téléchargement mai08.pdf

NB : si vous ouvrez le document avec Adobe Reader, vous constaterez que la police de caractère de la première page est inesthétique. Si vous possédez Linux, ouvrez alors avec le "visionneur de document" et le bug disparaît ! Je vous remercie de votre compréhension depuis que j'ai Ubuntu (Linux) il n'est plus question pour moi de travailler sous Windows. Pour donner un élément de comparaison, ce serait comme travailler avec la machine à écrire des années 60 de ma maman et ranger mon ordinateur ! Non, ça je peux pas !

Je viens de faire un essai le bug semble avoir disparu avec Adobe tant mieux pour les "Windowsiens" amis de ce blog !

Encore un essai, le bug est là. Alors finalement disons que ce sera une pochette surprise pour chaque personne qui téléchargera ce fichier.

samedi 22 mars 2008

Pause

Il y a un mois que je n'ai rien écrit sur ce blog.

Les raisons sont diverses : des projets professionnels et des projets personnels à faire avancer, de nombreux questionnements sur des sujets en lien avec le travail social, le coaching, le développement personnel et la spiritualité qui me donnent envi de prendre le temps, de laisser mûrir mes réflexions, de laisser les choses reposer, de me nourrir de lecture et de rencontres. Tout cela, afin de pouvoir écrire quelques articles qui me tiennent à coeur.

A bientôt.

samedi 16 février 2008

Simplement humain


Vendredi 15 février. Strasbourg. -2°C. Le long des quais de L'Ill, près de Palais Rohan.

Je me baladais le long des quais
Avec mes fils et mon mari
Et, nous marchions tout étourdis
Par not' faim de loup.

Sur l'air De Champs Elysée, de Joe Dassin

 
Sur un banc, un homme assis avec sa bouteille à la main entame la discussion avec nous, à moins que ce ne soit mon fils aîné qui s'arrête pour lui parler.

Il dit à mon fils “Tu sais, j'ai une maladie. Une maladie qu'on appelle alcoolisme. C'est une maladie qui gâche ta vie. Tes parents t'expliqueront.”

J'étais presque gênée de trépigner d'un pied sur l'autre parce que j'avais les arpions gelés à discuter immobile le long de l'eau. Mon mari était presque gêné d'enfiler ses gants.

Lui, avait superposé des couches de vêtements. Oh ! Pas grand chose. Un t-shirt, un blouson éventré et un poncho en laine polaire.

Il a parlé à notre fils en wolof. Il lui a dit « Ndànk-ndànk ay jàpp golo cib ñaay ». « C'est en allant doucement, doucement que l'on attrape le singe dans la brousse. »

Un regard bleu perçant et doux, une lucidité extraordinaire, un humour et une culture formidable, c'est cet homme assis sur le banc avec sa bouteille à la main.

Mon fils aîné s'amusait à mettre des coups de poing dans le vide. Et cet homme de lui dire « Tu sais pour être non violent, il faut être fort. ». 

Mon grand garçon de lui répondre « Moi, je suis déjà fort. Je suis un chasseur de loup. » Alors, l'homme lui dit « Les animaux, ils attaquent quant ils ont peur. Amène-moi, la prochaine fois que tu viens, des lions, des tigres, des boas. Je les ferais manger dans ma main et après on dansera tous ensemble. D'accord ? » Anatole était un peu incrédule. Et puis, ils ont parlé d'un requin dans l'Ill. Un requin qui chante. Et l'homme se mit a chanter en anglais avec une voix de crooner, une chanson qui parlait de requin.

Comme nous voulions aller manger parce que nous avions rendez-vous l'après-midi, il nous demanda s'il y avait dans le coin un marchand de pâtes à emporter. « Oui, un peu plus bas. C'est là que nous allons. Je peux venir avec vous nous ? demande l'homme. Bien sûr. »

Alors, l'homme se leva. Un grand gaillard de presque 2 mètres, costaux, large d'épaule posé sur des jambes frêles. Il pris son sac et sa bouteille, et hop ! nous partons ensemble au resto de pâtes un peu plus loin.

Anatole lui demanda « Notre ami mange avec nous ? Il faut demander à tes parents s'ils sont d'accord. Bien sûr. »

Nous apprenons alors que l'homme s'appelle Yann. Qu'il a 4 filles et qu'il sera bientôt grand-père mais qu'il ne voit plus ses enfants « ça me manque. » ajoute-t-il sobrement, le regard perdu dans ses pensées. Nous apprenons aussi qu'il a beaucoup voyagé, a vécu au Sénégal (et souhaite y retourner).Dessin_poisson_yann_pour_anatole

Yann a dessiné un poisson avec des antennes qui lui permettent de tout entendre. Il l'a offert à Anatole. Ils ont joué à se chatouiller. Ils ont comparé la taille de leurs mains.  

Yann est allé voir discrètement le patron du resto pour lui demander de nous servir du Lambrusco. Comme, il avait encore faim après son assiette de pâte. Il a demandé un rab au patron, qui lui a refusé. C'est vrai qu'au resto ça se fait pas trop. Alors, on lui a offert une deuxième assiette, il nous a offert le Lambrusco et a payé sa première assiette de pâtes.

Nous nous sommes dit « Aurevoir » Nous nous sommes mutuellement remerciés du temps passé ensemble et du plaisir que nous avions eu. Et puis, nous sommes partis. Lui vers le banc, son banc (? !) et nous vers notre rendez-vous.

mercredi 13 février 2008

Du temps...

"Près de 30 ans de ma vie dans le même journal et soudain c'est fini. Obligé de partir. Obligé de  casser cette histoire entre ce journal et moi. Pas de regrets. L'absolue certitude d'être en accord avec moi. Mais voilà : une histoire qui se déchire, qui se brise. Et devant : le vide. Un été sans savoir ce que je vais faire, après. Un été sans horizon. Faire mine d'être en vacances, quand il n'y a pas de rentrée. Du temps comme un cadeau : voilà ce que je me dis. On manque tellement de temps. Oui, bien sûr. Mais, il y a cette brisure, cette déchirure. Et le temps d'après ne se laisse pas apprivoiser. Pas facilement. C'est un temps qui piétine, qui s'échappe, qui se rebelle. Qui ne ressemble pas au temps d'avant. On ne sait pas l'habiter. Il faut apprendre. Il faut errer dans des pièces vides. Et y trouver sa place, en tâtonnant, en se cognant, en se perdant."

Alain Rémond dans "Comme une chanson dans la nuit" nous livre son témoignage concernant son départ... pas à la retraite comme on pourrait le penser, mais au chômage !

J'ai choisi de reproduire ce court extrait car il sonne juste aussi concernant la retraite.

Le temps ?!

Plus l'on vieillit et plus il passe vite. On le tue mais lequel tue l'autre ? On joue contre lui (contre la montre, compte à rebours,...). On vit à vive allure, on a pas le temps, on veut le gérer agenda en main, formation à l'appui, montre au poignet.  On veut l'arrêter à coup de chirurgie, de DHEA, de crèmes aux promesses fallacieuses. On rêve de la machine à remonter le temps. Mais quoiqu'il arrive, il nous échappe, poursuit sa course inlassablement.

Il y a une forme d'animation que l'on nomme "occupationnelle". On parle alors aussi d'"activités occupationnelles". Les occuper pour leur "faire passer le temps", pour qu'ils n'aient pas le temps de penser, de réfléchir à leur condition, de ressentir des émotions profondes. Au début de l'animation, on voulait surtout faire des économies de personnel en intégrant les  vieux des hospices à l'entretien des lieux. Et puis l'oisiveté est mère de tous les vices et l'inoccupation laisse tout loisir au personnes de se regrouper avec tous les dangers de subversion latents. L'animation sociale d'aujourd'hui bien que très éloignée de cette conception n'en est pas moins le fruit. Et encore aujourd'hui dans certaines maisons de retraite, l'animation ne cherche qu'à occuper les vieux. Sans doute, ce sont nos propres angoisses à l'égard de la vieillesse, nos projections face à notre propre vieillissement que l'on cherche à occulter. Sans parler de la mort. Notre mort !

Le temps de la vie active est un temps morcelé, dicté par les contraintes de la vie professionnelle, de la vie de famille, de la scolarité des enfants, de nos activités extra-professionnelles...

La retraite ! C'est du temps, du temps libre, sans contrainte. Si tout au long de la vie, nous avons vécu dans le futur, faisant des plans, des projets pour nous et nos enfants, avec la retraite s'ouvre le présent. Il appartient aux retraités de vivre le présent. "Ce présent [nous dit Maximilienne LEVET dans les "Valeurs de l'âge"] va-t-on l'utiliser, le remplir, ou le laisser vide ? [...] le temps apparaît dans ce qu'il a d'implacable, d'inéluctable et de stagnant.[Et de poursuivre.] Et pourtant, c'est un heureux temps que l'on peut consacrer à suivre sa propre pente et ne plus se laisser manipuler, et parfois détruire par les normes sociales du monde qui nous entoure. Il faut à un moment de sa vie se libérer des contraintes sociales pour retrouver quelque chose de plus personnel dans la vocation humaine."

Et Maximilienne LEVET d'inviter les vieux à réfléchir, à savourer l'instant présent chose que nous n'avons pas le temps de faire durant le reste de notre vie.

Et pour conclure, je continuerai de citer la flamboyante Maximilienne LEVET car ses mots sont d'un infini optimisme, ils sont porteurs d'espoir et ils sont un appel à nous tous frères humains :

"Nous sommes arrivés à un tournant de l'Histoire, car les hommes possèdent maintenant une puissance et une énergie capables de détruire l'humanité.

Quel que soit notre âge, nous avons le devoir de nous faire entendre. Les uns à partir de leur jeunesse, de leurs projets, de leurs espoirs ; les autres faisant bon usage du bilan du temps passé, erreurs et réussites conjuguées.

Il nous faut réfléchir en semble, jeunes et vieux, à l'avenir de l'humanité. c'est la première fois que nous en avons la possibilité. Ne la laissons pas s'échapper.

Il est grand temps que nous prenions l'exacte mesure de cette chance de vieillir [...]"

Alain Rémond, Comme une chanson dans la nuit, aux Points
Maximilienne Levet, Les valeurs de l'âge, Editions Erès, collection Pratiques gérontologiques

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